Les réglages utiles tiennent en quelques principes simples
- Visez 19 à 21 °C dans les pièces de vie en journée, puis 16 à 17 °C la nuit.
- Une baisse de 1 °C peut représenter environ 7 % d’économies sur la facture de chauffage.
- Pour une absence courte, baissez la température au lieu de couper complètement le chauffage.
- Un thermostat programmable suffit dans beaucoup de cas, mais le modèle connecté devient intéressant si vos horaires varient souvent.
- En France, la régulation programmable doit devenir la norme dans les logements à partir du 1er janvier 2027, avec quelques exceptions.
Comprendre ce que doit faire une bonne programmation de chauffage
Je pars d’une idée simple : une bonne programmation suit l’occupation réelle du logement, pas un horaire théorique. Dans la plupart des cas, le chauffage reste le poste de consommation le plus lourd d’une habitation, donc c’est aussi celui où un réglage intelligent se voit le plus vite sur le confort et la facture.
Concrètement, la programmation doit remplir quatre fonctions : maintenir une température stable quand vous êtes présent, abaisser la consigne quand vous dormez, réduire la chauffe pendant les absences et anticiper le retour avant que la maison ne paraisse froide. La consigne, c’est simplement la température cible que le thermostat cherche à atteindre.
- En présence, la température doit rester confortable sans surchauffe.
- La nuit, la baisse doit être nette mais pas excessive.
- En cas d’absence, le chauffage doit tourner au minimum utile.
- Le système doit tenir compte de l’inertie thermique du logement, c’est-à-dire du temps qu’il lui faut pour monter ou redescendre en température.
Quand on pense ainsi, on cesse de régler « pour être tranquille » et on commence à régler pour être juste. C’est cette logique qui permet ensuite de choisir les bonnes températures pièce par pièce.
Les températures à viser selon la pièce et le moment
Je conseille de partir d’une base sobre, puis d’ajuster selon votre ressenti et le type de logement. France Rénov' recommande notamment 19 à 21 °C dans les pièces de vie en journée et 16 à 17 °C la nuit, ce qui donne déjà un cadre très solide pour construire un planning cohérent.
| Situation | Température cible | Pourquoi c’est pertinent |
|---|---|---|
| Séjour ou pièce de vie en journée | 19 à 21 °C | Bon équilibre entre confort et sobriété, sans surchauffer inutilement. |
| Chambres | Autour de 19 °C | Température adaptée au repos, généralement plus basse que dans le séjour. |
| Nuit | 16 à 17 °C | La baisse nocturne limite la consommation tout en restant confortable pour dormir. |
| Salle de bain quand elle est utilisée | Environ 22 °C | Température plus haute, mais uniquement au moment d’usage. |
| Absence de quelques heures | 16 à 18 °C | On évite la remise en chauffe complète sans laisser le logement se refroidir trop vite. |
| Absence de plusieurs jours | Autour de 12 °C | Le logement reste hors gel et plus simple à remettre à température au retour. |
| Chambre de bébé | 18 à 20 °C | Température plus douce, mais encore contenue pour éviter la surchauffe. |
L’ADEME rappelle qu’une baisse de 1 °C de la température de consigne peut représenter en moyenne 7 % d’économies d’énergie. Autrement dit, les vrais gains ne viennent pas d’un réglage extrême, mais d’un réglage régulier et réaliste. Une fois ce repère en tête, le choix du thermostat devient beaucoup plus simple.

Choisir le thermostat qui correspond à votre installation
Tous les thermostats ne servent pas les mêmes usages. Je vois souvent des logements équipés d’un bon générateur de chaleur, mais d’une régulation trop basique pour exploiter correctement la programmation. Le bon appareil dépend à la fois de votre rythme de vie et de votre système de chauffage.
| Type de thermostat | Ce qu’il apporte | Limites | Quand le choisir |
|---|---|---|---|
| Programmable simple | Créneaux jour/nuit, semaine/week-end, réglage clair et stable. | Pas de pilotage à distance, peu de suivi détaillé. | Si vos habitudes sont régulières et que vous voulez aller à l’essentiel. |
| Connecté | Pilotage via appli, suivi de consommation, modification à distance. | Plus cher, dépend du réseau et de l’écosystème choisi. | Si vos horaires changent souvent ou si vous voulez garder la main à distance. |
| Intelligent | Ajustement automatique selon la présence, parfois la météo ou l’ouverture d’une fenêtre. | Le plus coûteux et parfois plus sensible à la configuration initiale. | Si vous cherchez un réglage plus autonome et que le logement s’y prête bien. |
Dans un logement très standard, je préfère souvent un thermostat programmable fiable à un modèle trop sophistiqué mal exploité. En revanche, dès que les horaires varient, le modèle connecté reprend l’avantage parce qu’il réduit les oublis et permet d’ajuster sans rentrer chez soi.
Construire un planning hebdomadaire qui colle à la vraie vie
Le piège le plus courant, c’est de programmer un calendrier trop théorique. Je recommande de partir d’une semaine réelle d’occupation, puis d’ajuster le programme après quelques jours. L’objectif n’est pas d’obtenir une courbe parfaite, mais un rythme simple que vous allez réellement utiliser.
- Définissez une température de base pour les moments de présence.
- Abaissez la nuit et pendant les absences courtes.
- Anticipez le retour pour retrouver une pièce agréable sans surchauffer trop tôt.
- Testez le programme une semaine, puis corrigez par petits pas.
Exemple très concret : dans un foyer absent entre 8 h 30 et 17 h 30, je garderais 19 °C au lever, puis 16 à 17 °C en journée, avant de remonter vers 19 °C en fin d’après-midi. En télétravail partiel, je préfère une consigne stable sur les créneaux vraiment occupés plutôt que plusieurs cycles courts qui fatiguent le système sans améliorer nettement le confort.
Sur un plancher chauffant, l’anticipation doit être plus large que sur des radiateurs réactifs, parce que l’inertie est plus forte. À l’inverse, un logement peu inertiel supporte mieux des ajustements plus rapprochés. C’est pour cela qu’un bon planning n’est jamais totalement universel.
Les erreurs qui annulent les économies
La programmation perd vite son intérêt dès qu’un détail banal est mal géré. Les erreurs les plus fréquentes ne sont pas techniques, elles sont pratiques.
- Placer le thermostat près d’une fenêtre, d’un radiateur, d’un rayon de soleil ou d’un courant d’air.
- Garder la même consigne toute la semaine par confort de principe.
- Couper complètement le chauffage pour une absence courte au lieu de simplement baisser la température.
- Oublier que le séjour, les chambres et la salle de bain n’ont pas les mêmes besoins.
- Monter trop haut le matin parce qu’on ne veut pas attendre quelques minutes de plus.
Le positionnement du thermostat mérite une vraie attention : je le place toujours à une hauteur cohérente, dans une pièce de vie, sur un mur intérieur et loin de toute source de chaleur parasite. Si le capteur reçoit une information biaisée, toute la logique de programmation s’écroule. Même un bon appareil devient alors un mauvais pilote.
Autre point souvent sous-estimé : les fonctions « fenêtre ouverte » ou détection d’absence sur les modèles connectés sont utiles, mais elles ne remplacent pas un réglage de base bien pensé. Si le programme est déjà trop agressif, l’automatisation ne fera que corriger un mauvais scénario.
Ce que le cadre français change pour 2026 et 2027
Le cadre réglementaire français pousse clairement vers une meilleure régulation. À partir du 1er janvier 2027, les logements devront être équipés d’un système de régulation programmable, sauf cas d’exemption technique ou économique. Ce n’est pas un détail administratif : c’est le signe que le pilotage précis du chauffage devient la référence, pas l’option.
Il existe déjà une obligation lors de l’installation d’une chaudière neuve depuis 2018. Et pour les cas où l’équipement ne peut pas être ajouté de manière raisonnable, les exceptions existent, notamment quand le chauffage repose exclusivement sur un poêle à bûches ou lorsque le retour sur investissement serait trop long. En pratique, cela veut dire qu’un projet de rénovation doit penser le générateur de chaleur et sa régulation en même temps.
Si vous rénovez en 2026, je vous conseille de vérifier la compatibilité avant de choisir le matériel. Un thermostat programmable, connecté ou intelligent ne se choisit pas seulement pour son confort d’usage, mais aussi pour sa capacité à suivre votre installation sur la durée. C’est souvent là que se joue la différence entre un achat utile et un achat décoratif.
Ce que je vérifierais avant l’hiver pour garder un chauffage vraiment piloté
- Une consigne de 19 °C environ dans les pièces occupées en journée.
- Une baisse de nuit vers 16 à 17 °C.
- Une température de absence courte autour de 16 °C à 18 °C.
- Une baisse plus franche à environ 12 °C pour une absence de plusieurs jours.
- Un thermostat bien placé, loin des sources de chaleur et des courants d’air.
- Un test de quelques jours avant les vraies baisses de température saisonnières.
Je retiens surtout une chose : la meilleure programmation est celle que vous pouvez vivre sans y penser, parce qu’elle reste simple, lisible et adaptée à vos habitudes. Quand le réglage est juste, le chauffage devient plus discret, plus confortable et nettement plus sobre.